L’or a franchi la barre des 5 000 dollars l’once en février 2026. Cette envolée interroge de nombreux épargnants. Charles Gave, économiste reconnu, a livré ses analyses sur le métal jaune. Ce guide reprend ses convictions et les traduit en décisions concrètes. Lingots, pièces, ETF, actions minières : chaque support a ses règles. La fiscalité française complique parfois le choix. Ce texte pose les repères essentiels pour investir avec méthode, sans se laisser guider par l’émotion.
Pourquoi l’or atteint des sommets en 2026
Le métal jaune a gagné plus de 30 % entre août et octobre 2025. Il a dépassé les 4 500 dollars en décembre, puis franchi les 5 000 dollars en février 2026. Les tensions géopolitiques persistent, les banques centrales accumulent des réserves, et la dette publique inquiète. Charles Gave insiste sur un point : la monnaie papier perd de sa valeur, l’or conserve la sienne.
Les achats massifs de la Chine, de l’Inde et de la Turquie soutiennent le cours. La baisse des taux directeurs de la BCE et de la Fed rend l’or plus attractif que les obligations. Le dollar affaibli renforce la demande des investisseurs étrangers. L’inflation résiduelle, enfin, rappelle pourquoi l’or sert de couverture depuis des siècles.
Le 21 février 2026, l’once se négocie autour de 5 028 dollars, soit environ 4 273 euros. Le gramme d’or vaut approximativement 136 euros. Ces niveaux semblent élevés, mais les facteurs structurels restent en place. La demande physique ne faiblit pas, et l’offre minière progresse lentement.
Les moteurs de la hausse du métal précieux
Plusieurs forces se combinent. Les conflits armés et les guerres commerciales poussent les investisseurs vers les valeurs refuges. Les banques centrales diversifient leurs réserves hors du dollar. La Chine achète de l’or depuis vingt ans sans interruption. L’Inde suit, portée par une demande locale traditionnelle.
La politique monétaire joue aussi un rôle majeur. Quand les taux baissent, les obligations rapportent moins. L’or, qui ne verse aucun coupon, devient comparativement plus intéressant. Le dollar faible, lui, rend l’once moins chère pour les acheteurs européens ou asiatiques. Un cercle vertueux s’installe.
Or physique : lingots et pièces pour un placement tangible
L’or physique reste la référence pour les investisseurs prudents. Un lingot d’un kilogramme coûte environ 136 000 euros en février 2026. Sa prime est faible, entre 1 et 3 % au-dessus du cours spot. Le ticket d’entrée est élevé, mais le stockage se simplifie pour les gros montants.
Les lingotins de 5 à 50 grammes attirent les petits budgets. Leur prime grimpe entre 5 et 15 %, ce qui pénalise la rentabilité à la revente. La liquidité est aussi moindre. Charles Gave recommande d’éviter ces formats intermédiaires. Il préfère les pièces, plus faciles à négocier.
Les pièces d’or plébiscitées par les épargnants français
Le Napoléon 20 Francs domine le marché français. Il contient 5,8 grammes d’or fin et supporte une prime de 5 à 15 %, due à sa popularité. Le Krugerrand sud-africain reste la pièce la plus échangée au monde. L’Eagle américain et la Maple Leaf canadienne offrent une liquidité internationale. Le Philharmoniker autrichien séduit les investisseurs européens.
Les pièces présentent plusieurs avantages. Elles sont fractionnables, stockables à domicile et parfois cotées avec une prime numismatique. Le risque principal reste le vol. Un coffre à la banque coûte entre 150 et 300 euros par an, une assurance habitation adaptée peut suffire pour de petits montants.
Où acheter de l’or en toute sécurité en France
Le choix du vendeur détermine la sécurité de l’opération. Le Comptoir National de l’Or dispose d’un réseau physique et d’une plateforme en ligne. Or.fr, aussi appelé AuCOFFRE, propose l’achat en ligne avec stockage externalisé en coffres sécurisés. Godot & Fils, maison historique, reste une référence. Certaines banques vendent des lingots, mais leurs marges sont souvent plus élevées.
Il faut impérativement vérifier l’enregistrement du vendeur auprès de la Banque de France. Les arnaques prolifèrent sur les sites inconnus et le démarchage téléphonique. Aucun achat sérieux ne se fait par petites annonces. La traçabilité est essentielle, surtout pour la revente future.
Or papier : ETF et certificats pour une exposition simple
L’or papier permet d’investir sans détenir le métal. Les ETF or, appelés ETC, sont adossés à de l’or physique stocké dans des coffres. Amundi Physical Gold facture 0,12 % de frais annuels. iShares Physical Gold, plus gros encours mondial, applique le même tarif. Invesco Physical Gold stocke ses barres à Londres. WisdomTree Physical Gold reste plus cher avec 0,39 %.
Ces supports offrent une liquidité maximale. Un ordre d’achat ou de vente passe en quelques clics depuis un compte-titres ordinaire. Aucun stockage, aucune assurance, aucune prime. Les ETF or ne sont pas éligibles au PEA, un point à retenir avant d’ouvrir un plan d’épargne en actions.
Certificats et turbos : l’effet de levier à manier avec prudence
Les produits dérivés comme les certificats et les turbos permettent de parier sur le cours de l’or avec un effet de levier. Une variation du métal peut être multipliée par deux, cinq ou dix. Les gains potentiels augmentent, mais les pertes aussi. Ces instruments exigent une grande maîtrise des mécanismes de marché. Charles Gave les réserve aux investisseurs avertis.
Actions minières : l’or avec un levier naturel
Les sociétés qui extraient l’or offrent une exposition indirecte au métal. Quand l’once gagne 10 %, les marges des minières peuvent bondir de 20 à 30 %. Cet effet de levier naturel provient des coûts d’extraction fixes. Newmont domine le secteur avec une diversification mondiale. Barrick Gold exploite des mines sur tous les continents. Agnico Eagle est réputée pour la qualité de sa gestion canadienne.
Franco-Nevada et Wheaton Precious Metals fonctionnent sur un modèle différent. Elles financent des mines en échange de royalties ou de flux d’or à prix réduit. Ces sociétés évitent les risques opérationnels classiques : accidents miniers, grèves, régulations locales.
Les actions minières versent souvent des dividendes. Elles peuvent se loger dans un PEA via des ETF spécialisés, ce qui représente un avantage fiscal. La corrélation avec le cours de l’or n’est toutefois pas parfaite. Une mauvaise gestion ou un accident industriel peut faire chuter le titre malgré un métal en hausse.
La fiscalité de l’or en France en 2026
La fiscalité varie selon le support choisi. Pour l’or physique, deux régimes coexistent à la revente. La taxe forfaitaire s’élève à 11,5 % du prix de vente total, soit 11 % plus 0,5 % de CRDS. Le régime des plus-values applique 36,2 % sur la plus-value réelle, avec un abattement de 5 % par an dès la troisième année. Après 22 ans de détention, l’exonération est totale.
Pour l’or papier, la flat tax de 30 % s’applique sur les plus-values, avec option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Le conseil est clair : conserver les factures d’achat, prouver la date et le prix, et choisir le régime le plus avantageux. L’abattement de 5 % par an transforme un investissement long terme en placement très favorable.
Aucune TVA ne s’applique à l’achat d’or d’investissement dès lors que les lingots pèsent au moins un gramme avec une pureté de 995 millièmes. Les pièces frappées après 1800 doivent afficher une pureté minimale de 900 millièmes. L’or est par ailleurs exclu de l’assiette de l’IFI depuis 2018, un avantage non négligeable pour les patrimoines importants.
Quelle part d’or intégrer dans son patrimoine
Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent généralement 5 à 10 % d’or dans un portefeuille équilibré. En période d’incertitude élevée, cette part peut grimper à 10 ou 15 %. Au-delà de 20 %, la prudence s’impose. L’or ne produit ni dividende ni intérêt. Sa valeur repose uniquement sur l’offre et la demande. C’est une assurance, pas un moteur de rendement.
Un épargnant qui suit les recommandations de Charles Gave constitue une poche de sécurité sans sacrifier la performance globale. L’or brille quand tout va mal, mais il stagne longtemps parfois. Entre 2012 et 2019, l’once est restée confinée dans une fourchette étroite. La patience est donc indispensable.
| Profil d’investisseur | Budget indicatif | Allocation recommandée |
|---|---|---|
| Prudent | Moins de 5 000 € | ETF or sur compte-titres, frais réduits, liquidité immédiate |
| Équilibré | 5 000 à 30 000 € | 70 % ETF or, 30 % pièces Napoléon pour la diversification |
| Dynamique | Plus de 30 000 € | Lingot 100 g ou 1 kg, pièces diversifiées, ETF minières |
Les erreurs qui coûtent cher avec l’or
Acheter dans la panique reste l’erreur la plus fréquente. L’or monte en crise, mais acheter au sommet par peur conduit à des déceptions. Stocker des pièces à domicile sans assurance expose à des pertes irréversibles. Un simple coffre-fort à 200 euros ne résiste pas à un cambrioleur déterminé.
Croire que l’or monte toujours est une autre illusion. Le métal a stagné pendant sept ans après 2012. Ignorer les frais grignote aussi la performance : prime à l’achat, stockage, assurance. Les lingotins, souvent choisis par facilité, portent des primes de 5 à 15 % qui pénalisent la rentabilité finale.
Ce qu’il faut retenir pour investir dans l’or en 2026
Les recommandations de Charles Gave s’articulent autour de cinq axes : acheter de l’or physique pour les montants importants, privilégier les pièces pour la flexibilité, utiliser les ETF pour la simplicité, intégrer des actions minières pour le levier, et ne jamais dépasser 20 % du patrimoine. La fiscalité doit être anticipée dès l’achat.
L’or ne remplace pas une épargne de précaution ou un livret réglementé. Il complète une stratégie globale, aux côtés des actions, de l’immobilier et des obligations. La clé reste la régularité de l’investissement, la diversification des supports et une vision de long terme.

Rédacteur en chef de Visions Patrimoine, ancien analyste financier passé par la presse patrimoniale française. Passionné par les questions d’épargne, d’immobilier et de fiscalité, il défend un journalisme économique lent, rigoureux et accessible.